El relat “Coses normandes” de la revista ‘Le Mensuel’ (setembre de 1891) es el primer escrit signat amb nom i cognom per Marcel Proust, que fins llavors col·laborava en les seccions “Music hall”, “Pintura” i “Moda” apel·lant a diferents pseudònims:

“Depuis quelques jours, on peut contempler le calme de la mer dans le ciel redevenu pur, comme on contemple une âme dans un regard. Mais il n’y a plus personne pour se plaire aux folies et aux apaisements de la mer en septembre, puisqu’il est élégant de quitter les plages à la fin Aout pour aller à la campagne. Mais j’envie, et, si je les connais, je visite souvent ceux dont la campagne est voisine de la mer, est située au dessus de Trouville, par exemple. J’envie celui qui peut passer l’automne en Normandie, pour peu qu’il sache penser et sentir. Ses terres, jamais bin froides, même en hiver, sont les plus vertes qu’il y ait, naturellement gazonnées, sans la plus mince lacune, et, même au revers des coteaux, en l’aimable disposition appelée fonts boisées.Souvent d’une terrasse, où sur la table fume le thé blond, on peut apercevoir ” le soleil rayonnant sur la mer “ et des voiles qui viennent, ” tous ces mouvement de ceux qui partent, de ceux qui ont encore la force de désirer et de vouloir “. Du milieu si paisible et doux de toutes ces choses végétales on peut regarder la paix des mers, ou la mer orageuse, et les vagues couronnées d’écume et de mouettes, qui s’élancent comme des lions, faisant onduler sous le vent leur crinière blanche. Mais la lune, invisible à tous pendant le jour, mais qui continue à les troubler de son magnétique regard, les dompte, arrête soudain leur assaut et les excite de nouveau avant de les faire reculer encore, sans doute pour charmer les mélancoliques loisirs de l’assemblée des astres, princes mystérieux de ciels maritimes. Celui qui vit en Normandie voit tout cela ; et s’il descend dans la journée au bord de la mer, il l’entend qui semble rythmer ses sanglots aux élans de l’âme humaine, la mer, qui dans le monde créé correspond à la musique, puisque, ne nous montrant rien de matériel, et n’étant point à sa manière descriptive, elle semble le chant monotone d’une volonté ambitieuse et défaillante.”

Marcel Proust, “Choses normandes” 1891.

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COMENTARI DE KEIICHI TSUMORI:

“En automne 1891, Proust prend ses vacances en Normandie. Il est à Cabourg en septembre-octobre,puis à Trouville jusqu’à la fin d’octobre, dans la villa Les Frémonts, propriété des Baignères dont le fils Jacques était son camarade de Condorcet. Ce séjour fait naître deux pièces et un poème de vingt et un vers qui chantent le paysage du bocage normand.

Dans le dernier numéro du Mensuel, paru en octobre 1891, figure la signature « Marcel Proust » à la fin d’un article intitulé « Choses normandes ». Cette pièce, à la façon des Romantiques, présente une vue de la mer qui reflète l’esprit humain: « on peut contempler le calme de la mer dans le ciel redevenu pur, comme on contemple une âme dans un regard ». Fasciné par le climat de cette région, l’auteur manifeste l’envie de séjourner à la campagne « voisine de la mer », « au-dessus de Trouville », c’est-à-dire aux Frémonts. Comme le remarque Jean-Yves Tadié, on peut reconnaître sa prédilection pour les« lieux élevés » d’où l’on domine la mer. Proust est sensible à la juxtaposition des végétaux et de la mer : « Du milieu si paisible et doux de toutes ces choses végétales on peut regarder la paix des mers, ou la mer orageuse, et les vagues couronnées d’écume et de mouettes, qui s’élancent comme des lions, faisant onduler sous le vent leur crinière blanche » Ainsi les végétaux constituent-ils comme le cadre du paysage marin. […]

La mer comparée à « la grande plaine » s’oppose au champ comparé à « un lac » ou à « un grand pré couvert de neige ». Les paysages normands de ces années sont toujours d’automne, Proust évitant la haute saison, comme le remarque Akio Wada. La « mer de septembre » est un topos privilégié par Proust, qui décrit la mer sous l’influence de Baudelaire. Il y a en effet la citation d’un vers baudelairien dans le « Chant d’automne » :« soleil rayonnant sur la mer » qui évoque pour Proust les charmes mélancoliques du soleil projetés le soir sur la mer automnale.”

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