1.-JeanYves Tadié: ‘Marcel Proust II.-Biogaraphie’

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2.-Marcel Proust: ‘Albertine disparue’

“Cette lettre-ci m’annonce le mariage du petit Cambremer. — Tiens ! dis-je avec indifférence, avec qui ? Mais en tous cas la personnalité du fiancé ôte déjà à ce mariage tout caractère sensationnel. — À moins que celle de la fiancée ne le lui donne. — Et qui est cette fiancée ? — Ah ! si je te dis tout de suite il n’y a pas de mérite, voyons, cherche un peu », me dit ma mère qui, voyant qu’on n’était pas encore à Turin, voulait me laisser un peu de pain sur la planche et une poire pour la soif. « Mais comment veux-tu que je sache ? Est-ce avec quelqu’un de brillant ? Si Legrandin et sa sœur sont contents, nous pouvons être sûrs que c’est un mariage brillant. — Legrandin, je ne sais pas, mais la personne qui m’annonce le mariage dit que Mme de Cambremer est ravie. Je ne sais pas si tu appelleras cela un mariage brillant. Moi, cela me fait l’effet d’un mariage du temps où les rois épousaient les bergères, et encore la bergère est-elle moins qu’une bergère, mais d’ailleurs charmante. Cela eût stupéfié ta grand’mère et ne lui eût pas déplu. — Mais enfin qui est-ce cette fiancée ? — C’est Mlle d’Oloron. — Cela m’a l’air immense et pas bergère du tout, mais je ne vois pas qui cela peut être. C’est un titre qui était dans la famille des Guermantes. — Justement, et M. de Charlus l’a donné, en l’adoptant, à la nièce de Jupien. C’est elle qui épouse le petit Cambremer. — La nièce de Jupien ! Ce n’est pas possible ! — C’est la récompense de la vertu. C’est un mariage à la fin d’un roman de Mme Sand », dit ma mère. « C’est le prix du vice, c’est un mariage à la fin d’un roman de Balzac », pensai-je. « Après tout, dis-je à ma mère, en y réfléchissant, c’est assez naturel. Voilà les Cambremer ancrés dans ce clan des Guermantes où ils n’espéraient pas pouvoir jamais planter leur tente ; de plus, la petite, adoptée par M. de Charlus, aura beaucoup d’argent, ce qui était indispensable depuis que les Cambremer ont perdu le leur ; et, en somme, elle est la fille adoptive et, selon les Cambremer, probablement la fille véritable — la fille naturelle — de quelqu’un qu’ils considèrent comme un prince du sang. Un bâtard de maison presque royale, cela a toujours été considéré comme une alliance flatteuse par la noblesse française et étrangère.”

 

 

3.-Lluís Bonada: Setmanari ‘El Temps’ del 29 de novembre de 2016

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