Aquest post intenta sistematitzar els arguments de l’article de SIROIS-TRAHAN (Jean-Pierre), « Un spectre passa…. Marcel Proust retrouvé »  per demostrar que l’home que apareix al film de 1904 és realment Proust. Cada argument és seguit de la rèplica d’alguns dels membres de Proustians Worlwide demostrant el contrari. S’analitzen la cara, la roba i el moviment de l’home del film,  així com l’escenografia del casament.

1.-PROUST FILMAT SEGONS SIROIS-TRAHAN.-

L’article  de Sirois-Trahan comença així: “Au milieu des membres du gotha descendant les marches de l’église de la Madeleine, un homme n’est pas accompagné. Inattentif, on pourrait ne pas le voir, mais il se démarque par une présence singulière. C’est un homme pressé, on sent une précipitation dans son pas. Est-ce bien Marcel Proust que l’on voit dans ce film 35 mm déposé aux archives de Bois- d’Arcy ?”

“On reconnaît sa silhouette svelte, sa moustache noire, petite à l’époque, l’ovale parfait de son visage d’ivoire. Sur un photogramme, on distingue son profil et les courbures caractéristiques de son nez. Sur un autre, le chapeau baissé sur les yeux”

SIROIS-TRAHAN (Jean-Pierre), « Un spectre passa…. Marcel Proust retrouvé »

 

2.-LA CARA DE PROUST.-

L’home del film s’assembla a Proust. La seva cara ovalada, les corves del nas, i el bigoti: “On reconnaît sa silhouette svelte, sa moustache noire, petite à l’époque”. Pero l’autor no té en compte que el bigoti de Proust de l’època no era pas petit. Al contrari, des de les fotos de 1902 fins un any després, el 1905, sempre el veiem amb un bigoti bastant gran. Céleste l’anomenaba Moustache a la chariot, per descriure’l, en comptes de dir-ne a la Charlot, en un dels girs del llenguatge de la seva asssitenta que tant li agradaven a Proust.

Proust 1902
Proust 1902
Proust 1904
Proust 1904
Proust 1905
Proust 1905
L'home del film de 1904
L’home del film de 1904

 

3.-LA ROBA SEGONS SIROIS-TRAHAN.-

“La singularité de son apparition tient au fait qu’il ne porte pas, comme les aristocrates qui l’environnent, la jaquette noire avec chapeau haut de forme concolore. L’homme est en redingote gris pâle, chapeau melon foncé sur la tête; il descend rapidement les marches sans se soucier «du pas » (l’ordre codé dans lequel la noblesse défile). Jaquette et redingote forment le «morning wear » que la gentry anglaise portait au xixe siècle lors des courses et des mariages. En France, à l’époque, la redingote est plutôt rare comme pardessus lors des unions mondaines; on préférait la jaquette noire, et l’on peut deviner là chez Proust une façon artiste de se démarquer, d’affirmer sa singularité.”

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“Il semble que l’habillement de l’homme seul est caractéristique de la façon singulière qu’avait Proust de se vêtir à cette époque. On connaît le célèbre manteau noir – pour le deuil de sa mère? – qu’il porta en 1906 au sanatorium du docteur Sollier à Boulogne-sur-Seine.”

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“D’aucuns pensent que c’était là son éternel pardessus, mais d’autres photos témoignent qu’il portait plusieurs pardessus différents, dont une redingote gris perle sur une photo de jeunesse (où il feint de jouer de la guitare avec une raquette de tennis).”

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“Dans Une saison avec Marcel Proust, le témoignage de René Peter, homme de théâtre et scénariste de films, est plutôt vague. Il le revoit en souvenir, à Versailles dans les premiers mois de 1906, se promenant dans le parc, «ayant arboré son melon gris et des demi-douzaines de pardessus ». Marcel Plantevignes, qui le connut à Cabourg en 1908, est plus précis : Ce personnage à la silhouette singulière était entièrement vêtu de gris perle, d’une vigogne devinée souple et chaude : pardessus de vigogne gris perle, recouvrant un costume de la même étoffe – il portait sur la tête, au-dessus d’une frange de cheveux très noirs, d’un noir bleu qui descendait sur le front jusqu’au ras des yeux, un chapeau melon de la même couleur tendre gris perle.”

SIROIS-TRAHAN (Jean-Pierre), « Un spectre passa…. Marcel Proust retrouvé »

 

4.-LA ROBA SEGONS MARCELITA SWANN.-

“The healthy-looking man, in the 1904 film, is unafraid of becoming ill; his single coat is unbuttoned. He is also conspicuously underdressed for such a brillant society wedding, with all his aristocratic friends.[…]Proust would have followed the proper dress etiquette, which is usually noted on the invitation. He wore a tuxedo to his brother’s wedding in 1903. Once, Proust was overdressed to a county event and felt humiliated. I cannot image he would risk that again, by wearing informal rebel-attire (sans gloves and cane) to his dear friend’s (Armand de Gramont) wedding…surrounded by everyone he knew.

Proust would not have worn a single, unbuttoned coat, in November, as he was terrified of become ill. “Although it was a hot day, Marcel arrived with a wool scarf wrapped twice around his neck; he apologized for the strange garment, saying that he feared chills that might trigger his asthma or hay fever.” (1899)

William C. Carter described how Proust dressed to his brother’s wedding, (February 2, 1903): “Deathly afraid of drafts and cold air, he had stuffed his tuxedo with thermogene wadding and put on three topcoats. Marcel looked as though he were headed to the North Pole rather than to an indoor wedding whose guests included many of Paris’s most distinguished and fashionable citizens. Valentine was also amazed at the extraordinary pallor of this man who hardly ever went out in sunlight, ate little, and exercised not at all. The bridesmaid thought the best man looked as horrible as Lazarus must have upon emerging from the grave. William C. Carter’s biography, « Marcel Proust: A Life » (p. 274)”

MARCELITA SWANN: “Was Proust captured on film leaving a wedding in 1904?. Comment”

 

5.-LA RAPIDESA DEL PERSONATGE SEGONS SIROIS-TRAHAN.-

“Le défilé nuptial, selon Le Gaulois, dura plus d’une heure ; la bande cinématographiée ne restitue que le début du cortège. Nous sommes chanceux car Proust, qui devait, si on se fie à l’ordre de préséance, se retrouver tout à la fin, se faufile sans attendre son tour. Il marche néanmoins en dehors du tapis rouge, directement sur la pierre des marches, conscient des convenances. Pressé, il décide de dépasser par la gauche un couple vers lequel il jette, lorsqu’à sa hauteur, un regard rapide (mi-furtif, mi-inquiet ?). Proust a-t-il peur de souffrir encore de la condescendance d’un membre éminent du faubourg ? L’homme (illustration 6) semble se demander ce que Proust fait là. Le couple a dû le retrouver à la soirée, rue d’Astor. On peut se demander pourquoi Proust se presse ainsi. Fut-il indisposé par l’atmosphère saturée d’encens sous les ors de l’église ? Par les plantes exotiques qui menaçaient de lui causer une crise d’asthme ? Voulut-il rattraper la comtesse pour lui glisser un mot ou simplement l’admirer ? Se sentait-il déplacé dans ce monde où il avait bien quelques amis du sérail (Bertrand de Salignac-Fénelon, Anna de Noailles, Gabriel de La Rochefoucauld, etc.), mais aussi peuplé de gens hostiles ou semihostiles (Agénor de Gramont, Robert de Montesquiou)?”

SIROIS-TRAHAN (Jean-Pierre), « Un spectre passa…. Marcel Proust retrouvé »

Potser la resposta és molt més senzilla: es tracta d’un redactor que té pressa per col·locar al seu fotògraf que el  segueix en la millor posició per fer les fotos.

“L’homme au chapeau melon ne porte pas d’appareil photo, mais il est immédiatement suivi par un photographe, qui emprunte le même chemin que lui (voir ci-dessus). Ces deux individus pourraient-il former une équipe de reporters, constituée d’un journaliste et d’un preneur d’images?”.

ANDRÉ GUNTHER: “Voir Proust”

 

6.-“UN PERIODISTA, NO PROUST”,  SEGONS LE FOU DE PROUST.-

“S’il n’y avait ces fichus journalistes, les cortèges de mariage se dérouleraient en bon ordre : tout le monde au même rythme, dans le même sens, bien sur le tapis rouge, en tenue adéquate. La caméra commandée pour l’union religieuse d’Armand de Guiche avec Élaine Greffulhe aurait dû immortaliser ce modèle. C’était sans compter les hommes de presse. […]

La sortie de l’église se fait donc globalement en bon ordre, hormis ces messieurs chargés de rendre compte de l’événement qui a déplacé les badauds. Appareil au bras ou à l’épaule, les photographes vont et viennent à leur guise. Cinq mouvements de trois journalistes d’images se succèdent sur le film mis en ligne par les Classiques Garnier.[…]

Les rédacteurs, eux, ne se reconnaissent pas sauf s’ils sont saisis le stylo et le carnet à la main. Leur comportement les signale toutefois car, comme leurs confrères de l’image, ils n’en font qu’à leur tête, jusqu’à semer le bazar dans les événements qu’ils « couvrent ». Cette désobéissance leur semble nécessaire pour affirmer leur indépendance mais aussi pour pimenter une existence pas toujours exaltante — à la longue, raconter les rendez-vous mondains, ça lasse.”

LE FOU DE PROUST:  Proust ou pas Proust : que de journalistes sur les marches !

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7.- L’ESCENOGRFIA DEL CASAMENT SEGONS AURELLYEN.-

“1) Les aristocrates ne se pavanent pas par l’arrière

“En raison du nombre considérable des invités, une tente improvisée avait été dressée derrière l’église, face à la rue Tronchet. C’est là qu’ont été données les signatures et qu’a eu lieu le traditionnel et interminable défilé qui, malgré cette utile précaution, n’a pas duré moins d’une heure.”, l’article “Un spectre…” place alors le cortège nuptial sortant de l’église, et sa prise de vue, à l’arrière de l’église. Ceci semble peu emprunt de la dignité donnée à l’événement par cette aristocratie, décrite par ailleurs dans l’article. Or un examen attentif du film ainsi que des photographies de l’événement par Le Petit Parisien Supplément littéraire illustré du 27 novembre 1904 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k910258f/f4.item ou de la Revue illustrée du 1er décembre http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6251418f/f28.item.zoom montre que les participants au cortège avaient le soleil de face, et que leurs ombres les suivaient sur les marches.
Je vous recommande alors le site de calcul de la position du soleil http://www.solartopo.com/orbite-solaire.htm . Vous y entrez simplement dans l’adresse le nom de l’église de la Madeleine Paris, la date du 14 novembre 1904. Pour l’heure, prendre celle de la sortie du cortège d’après L’écho de Paris http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k8041815/f2.item.zoom , soit vers 14h15 heure légale de l’époque en rajoutant une heure pour tenir compte du décalage de notre heure légale actuelle, soit vers 15h 15. En zoomant sur la carte, on voit que le soleil de début d’après-midi éclaire bien la façade principale de l’église, et non pas son arrière.

2) Défilé des invités n’est pas cortège nuptial

Dès lors, en confusion d’action après celle de lieu, “Un spectre passa…” mêle le défilé des invités avec le cortège nuptial de sortie ” Le défilé nuptial, selon Le Gaulois, dura plus d’une heure ; la bande cinématographiée ne restitue que le début du cortège. Nous sommes chanceux car Proust, qui devait, si on se fie à l’ordre de préséance, se retrouver tout à la fin, se faufile sans attendre son tour.”
En fait, les participants au cortège d’entrée à l’église sont désignés dans beaucoup de journaux de l’époque, sans “etc.” donc en une liste exclusive (lire l’article de Guillaume Pinson Le Carnet mondain vers 1890 : un aspect de la sociabilité médiatique). Ils ne comprennent que des membres de l’aristocratie rapprochée des familles unies, sans Marcel Proust. Le cortège revête toute la symbolique cérémonielle. La cortège de sortie est le même que celui d’entrée, la différence symbolique jouant sur le couple uni, “le cortège se reformait alors pour sortir de l’église” selon L’écho de Paris déjà cité.
Les participants au défilé des invités sont évidemment autres, on en trouve une liste explicitement incomplète dans La Presse du 15 novembre http://gallica.bnf.fr/…/12148/bpt6k5…/f3.item.r=mariage.zoom . On sait par ailleurs que Proust a participé aux congratulations (avec rire cristallin de la comtesse), donc au “défilé des invités”. La fonction du défilé des invités est la congratulation des nouveaux époux par leurs amis ou apparentés, qui se fait juste après soit “au moment” de la signature du registre des mariages, “dans la sacristie” selon plusieurs journaux de l’époque. Le bedeau actuel de la Madeleine m’a indiqué la sacristie, sous l’autel donc à l’arrière de l’église, avec escalier y menant, confirmant que selon les époques, située à gauche ou à droite de l’autel, les époux vont y signer le registre.

3) Le Marcel avait-il un alibi ?

Deux journaux à ma connaissance situent pour des raisons logistiques le défilé des invités sous une tente à l’arrière de l’église, le Gaulois ainsi que la Revue illustrée déjà cités. Les autres journaux parlent simplement de sacristie. Il est possible qu’il n’y ait pas de contradiction, la tente à l’arrière faisant fonction, voire étant reliée par passage… Il nous reste encore à découvrir en interrogeant d’autres journaux ou nos amis ecclésiastiques par exemple. Mais si on s’essaye à une cohérence avec les énoncés de l’article “Un spectre passa…”, on peut situer Proust dans la tente, au niveau de la rue, pendant que le cortège se reforme dans l’église pour sortir dignement devant le peuple, à plus de cent mètres de là. Pour voir le cortège les invités n’auraient pas eu besoin de remonter dans l’église.
Ainsi, Marcel Proust,[…] pourrait selon cette hypothèse inspirée par la lecture même de l’article “Un spectre passa…”, n’avoir pas descendu du tout les marches. Il avait filé par la sacristie.”

AURELLYEN  AURELLYEN:  “Proustians Worldwide”

Mariage de la fille d’Armand Fallières avec Mr Lanes, à l’église de la Madeleine. Paris, août 1908.

 

8.-L’HOME DEL  FILM NO ÉS PROUST.-

L’home del film de 1904 s’assembla a un Proust 12 anys més jove, amb l’aspecte físic i la roba d’esport més pròpia d’algú que està treballant (o que juga al tennis!) que d’un convidat a un casament. Es mou de pressa sense saludar a ningú, perquè probablement és un periodista que va acompanyat del seu fotògraf. El Proust hipocondríac de 1904 no podria vestir tant lleuger, no estaria al seguici nupcial, sinó a la part posterior de la Madeleine. Per tot l’ explicat en el  post, opino com molts de la “Internacional Proustiana” (Le fou de Proust, Marcelita Swann, etc) que l’home del film no és Proust.

(Vegeu també El casament d’Élaine Greffhule i el duc de Guiche )

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