1.-EL PETO DE BONA NIT.-

Ma seule consolation, quand je montais me coucher, était que maman viendrait m’embrasser quand je serais dans mon lit. Mais ce bonsoir durait si peu de temps, elle redescendait si vite, que le moment où je l’entendais monter, puis où passait dans le couloir à double porte le bruit léger de sa robe de jardin en mousseline bleue, à laquelle pendaient de petits cordons de paille tressée, était pour moi un moment douloureux. Il annonçait celui qui allait le suivre, où elle m’aurait quitté, où elle serait redescendue. De sorte que ce bonsoir que j’aimais tant, j’en arrivais à souhaiter qu’il vînt le plus tard possible, à ce que se prolongeât le temps de répit où maman n’était pas encore venue.”

Mais le seul d’entre nous pour qui la venue de Swann devint l’objet d’une préoccupation douloureuse, ce fut moi. C’est que les soirs où des étrangers, ou seulement M. Swann, étaient là, maman ne montait pas dans ma chambre. Je dînais avant tout le monde et je venais ensuite m’asseoir à table, jusqu’à huit heures où il était convenu que je devais monter ; ce baiser précieux et fragile que maman me confiait d’habitude dans mon lit au moment de m’endormir, il me fallait le transporter de la salle à manger dans ma chambre et le garder pendant tout le temps que je me déshabillais, sans que se brisât sa douceur, sans que se répandît et s’évaporât sa vertu volatile, et, justement ces soirs-là où j’aurais eu besoin de le recevoir avec plus de précaution, il fallait que je le prisse, que je le dérobasse brusquement, publiquement, sans même avoir le temps et la liberté d’esprit nécessaires pour porter à ce que je faisais cette attention des maniaques qui s’efforcent de ne pas penser à autre chose pendant qu’ils ferment une porte, pour pouvoir, quand l’incertitude maladive leur revient, lui opposer victorieusement le souvenir du moment où ils l’ont fermée.”

L’escala detestada

Tout à coup mon anxiété tomba, une félicité m’envahit comme quand un médicament puissant commence à agir et nous enlève une douleur : je venais de prendre la résolution de ne plus essayer de m’endormir sans avoir revu maman, de l’embrasser coûte que coûte, bien que ce fût avec la certitude d’être ensuite fâché pour longtemps avec elle, quand elle remonterait se coucher. Le calme qui résultait de mes angoisses finies me mettait dans un allégresse extraordinaire, non moins que l’attente, la soif et la peur du danger. […] J’allai sans bruit dans le couloir ; mon cœur battait si fort que j’avais de la peine à avancer, mais du moins il ne battait plus d’anxiété, mais d’épouvante et de joie. Je vis dans la cage de l’escalier la lumière projetée par la bougie de maman. Puis je la vis elle-même, je m’élançai. À la première seconde, elle me regarda avec étonnement, ne comprenant pas ce qui était arrivé. Puis sa figure prit une expression de colère, elle ne me disait même pas un mot, et en effet pour bien moins que cela on ne m’adressait plus la parole pendant plusieurs jours. Si maman m’avait dit un mot, ç’aurait été admettre qu’on pouvait me reparler et d’ailleurs cela peut-être m’eût paru plus terrible encore, comme un signe que devant la gravité du châtiment qui allait se préparer, le silence, la brouille, eussent été puérils. Une parole, c’eût été le calme avec lequel on répond à un domestique quand on vient de décider de le renvoyer ; le baiser qu’on donne à un fils qu’on envoie s’engager alors qu’on le lui aurait refusé si on devait se contenter d’être fâché deux jours avec lui. Mais elle entendit mon père qui montait du cabinet de toilette où il était allé se déshabiller, et, pour éviter la scène qu’il me ferait, elle me dit d’une voix entrecoupée par la colère : « Sauve-toi, sauve-toi, qu’au moins ton père ne t’ait vu ainsi attendant comme un fou ! » Mais je lui répétais : « Viens me dire bonsoir », terrifié en voyant que le reflet de la bougie de mon père s’élevait déjà sur le mur, mais aussi usant de son approche comme d’un moyen de chantage et espérant que maman, pour éviter que mon père me trouvât encore là si elle continuait à refuser, allait me dire : « Rentre dans ta chambre, je vais venir. » Il était trop tard, mon père était devant nous. Sans le vouloir, je murmurai ces mots que personne n’entendit : « Je suis perdu ! »

Il n’en fut pas ainsi. Mon père me refusait constamment des permissions qui m’avaient été consenties dans les pactes plus larges octroyés par ma mère et ma grand’mère, parce qu’il ne se souciait pas des « principes » et qu’il n’y avait pas avec lui de « Droit des gens ». Pour une raison toute contingente, ou même sans raison, il me supprimait au dernier moment telle promenade si habituelle, si consacrée, qu’on ne pouvait m’en priver sans parjure, ou bien, comme il avait encore fait ce soir, longtemps avant l’heure rituelle, il me disait : « Allons, monte te coucher, pas d’explication ! » Mais aussi, parce qu’il n’avait pas de principes (dans le sens de ma grand’mère), il n’avait pas à proprement parler d’intransigeance. Il me regarda un instant d’un air étonné et fâché, puis dès que maman lui eut expliqué en quelques mots embarrassés ce qui était arrivé, il lui dit : « Mais va donc avec lui, puisque tu disais justement que tu n’as pas envie de dormir, reste un peu dans sa chambre, moi je n’ai besoin de rien. » — « Mais, mon ami, répondit timidement ma mère, que j’aie envie ou non de dormir, ne change rien à la chose, on ne peut pas habituer cet enfant… » — « Mais il ne s’agit pas d’habituer, dit mon père en haussant les épaules, tu vois bien que ce petit a du chagrin, il a l’air désolé, cet enfant ; voyons, nous ne sommes pas des bourreaux ! Quand tu l’auras rendu malade, tu seras bien avancée ! Puisqu’il y a deux lits dans sa chambre, dis donc à Françoise de te préparer le grand lit et couche pour cette nuit auprès de lui. Allons, bonsoir, moi qui ne suis pas si nerveux que vous, je vais me coucher. »”

“Maman resta cette nuit-là dans ma chambre et, comme pour ne gâter d’aucun remords ces heures si différentes de ce que j’avais eu le droit d’espérer, quand Françoise, comprenant qu’il se passait quelque chose d’extraordinaire en voyant maman assise près de moi, qui me tenait la main et me laissait pleurer sans me gronder, lui demanda : « Mais Madame, qu’a donc Monsieur à pleurer ainsi ? » maman lui répondit : « Mais il ne sait pas lui-même, Françoise, il est énervé ; préparez-moi vite le grand lit et montez vous coucher. » Ainsi, pour la première fois, ma tristesse n’était plus considérée comme une faute punissable mais comme un mal involontaire qu’on venait de reconnaître officiellement, comme un état nerveux dont je n’étais pas responsable ; j’avais le soulagement de n’avoir plus à mêler de scrupules à l’amertume de mes larmes, je pouvais pleurer sans péché. […].J’aurais dû être heureux : je ne l’étais pas. Il me semblait que ma mère venait de me faire une première concession qui devait lui être douloureuse, que c’était une première abdication de sa part devant l’idéal qu’elle avait conçu pour moi, et que pour la première fois, elle, si courageuse, s’avouait vaincue. Il me semblait que si je venais de remporter une victoire c’était contre elle, que j’avais réussi comme auraient pu faire la maladie, des chagrins, ou l’âge, à détendre sa volonté, à faire fléchir sa raison, et que cette soirée commençait une ère, resterait comme une triste date. “

Els regals de l’àvia

M. Proust:  Du côté de chez Swann

 

2.-REFERÈNCIES BIOGRÀFIQUES.-

Jean-Yves TadiéMarcel Proust I.- Biographie

 

3.-TRASTORN D’ANSIETAT PER SEPARACIÓ.-

Què és l’ansietat per separació?

El trastorn d’ansietat per separació fa referència bàsicament als nens que senten una por extrema a haver de separar-se de les figures a les que tenen una afecció –pares, avis,cuidadors, etc.- o de la llar, encara que sigui d’una forma molt puntual, com quan els pares planegen sortir per la nit i deixar el nen a cura d’una altra persona. El trastorn d’ansietat per separació pot anar acompanyat de depressió, tristó o por a que un membre de la família marxi o fins i tot mori. Aproximadament un de cada 25 nens experimenta trastorn d’ansietat per separació.

Criteris de la CIE pel trastorn d’ansietat per separació en la infància

Com a mínim han de donar-se tres d’aquests símptomes:
1) Preocupació sense justificació per possibles danys que puguin ocórrer a persones significatives o temor a que alguna d’elles mori o els deixi.
2) Preocupació injustificada per un esdeveniment que els separi de persones significatives (p. ex. perdre’s, segrest, assassinat)
3) Desgrat o refús repetit a anar a col·legi, sobretot per por a la separació.
4) Dificultat per a separar-se per la nit manifestat per:
a) Desgrat o refús repetit per anar-se’n al llit sense una persona significativa a la vora.
b) Desvetllar-se amb freqüència per la nit per tal de comprovar o per dormir a prop de persones significatives.
c) Desgrat o refús repetit a dormir fora de la llar.
5) Temor no adient i persistent a estar sense persones significatives dins la llar durant el dia.
6) Repetits malsons sobre el tema de la separació.
7) Símptomes somàtics repetits (nàusees, dolors gàstrics, cefalees o vòmits) en situacions que impliquin separació de persones significatives.
8) Al anticipar, durant o immediatament després de la separació d’una persona significativa, experimenta malestar excessiu i recurrent (ansietat, plor, rebequeries, tristó, apatia o retraïment  social).
Per la CIE-10 el trastorn ha d’aparèixer abans dels 6 anys i durar al menys 1 mes

ACTAD: Ansietat per separació

Tractaments psicològics de l’ansietat per separació.

Les tècniques més utilitzades i que han mostrat eficàcia en el tractament del trastorn d’ansietat per separació són:

  • Entrenament de pares i altres educadors en els principis de les tècniques operants: fonamentalment se’ls ensenya a premiar els petits avançaments del nen o de la nena i a deixar de reforçar conductes que, encara que semblin alleujar l’angoixa del pacient, no fan altra cosa que prolongar-la innecessàriament.
  • Exposició gradual en viu a les situacions de separació: es prepara una llista de situacions ordenades de menys a més temudes. Progressivament, el nen es va exposant a cada una. En les primeres sessions és acompanyat per alguna persona propera i, gradualment, el pacient s’anirà afrontant sol a les situacions, fet que augmentarà la seva confiança. A llarg termini, l’objectiu és que sigui el propi pacient el que faci una autoexposició regular i en un context habitual, perquè, finalment, suporti les situacions de separació amb la menor ansietat possible.
  • Relaxació: és una resposta incompatible amb l’ansietat (no es pot estar relaxat i ansiós a la vegada) que serveix per afrontar-la. El més habitual és utilitzar la relaxació progressiva de Jacobson, que es basa en exercicis de tensió-distensió que mostres les diferencies entre relaxació i tensió. Per a nens menors de 8 anys, les sessions són més curtes, d’uns 10-15 minuts per mantenir l’atenció i no cansar-los; s’utilitzen instruccions curtes i clares, així com models perquè aprenguin millor el procediment de relaxació i materials que faciliten l’aprenentatge amb ninots o xiulets.
  • Altres mètodes de relaxació: el riure, el joc, la música, etc.
  • Tècniques de modelatge: s’utilitza un model real, o no, que s’afronta a la situació temuda gradualment i sense patir les conseqüències negatives. El més efectiu és que el model sigui estigui de cos present i el nen participi i repeteixi les conductes del model animat i tingui el seu suport emocional. Aquestes tècniques s’utilitzen reforçant al nen sistemàticament a mesura que s’anima a realitzar les conductes del model, i se li donen indicacions sobre com ha de fer-ho (les anomenades, guies físiques). És important que el model resulti atractiu per al nen, que s’assembli a ell i que sigui un model d’afrontament i no de domini. Com més models tingui, millor. Assistir a la tasca és molt necessari.
  • Imatges emotives: el nen o la nena s’ha d’imaginar situacions diàries on participen els seus personatges preferits, cosa que genera emocions grates. Progressivament, se li diu que imagini situacions que li provoquen un mica d’ansietat, per anar passant a d’altres més angoixants. Les emocions positives del principi de la tècnica tenen un efecte d’inhibició sobre l’angoixa posterior.
  • Pràctica reforçada o emmotllament: es pacta un objectiu final (anar sol a l’escola, per exemple) i es fragmenta en una sèrie d’objectius intermedis que vagin de la situació actual en què es troba el nen a l’objectiu últim. Després, es va premiant la consecució de cada un dels objectius parcials, per arribar a l’objectiu final. Aquesta tècnica també utilitza la guia física. És important anar deixar de reforçar les conductes d’evitació i anar informant el nen del desenvolupament de la tècnica.
  • Tècniques cognitives: es treballen aquells pensaments o imatges que podrien estar implicats en el trastorn. Fonamentalment, en aquest trastorn, s’utilitzen les autoinstruccions positives. Es tracta, fonamentalment, d’invitar el nen que canviï la manera de parlar-se a si mateix, i que passi del «no puc fer-ho»,«alguna cosa dolenta passarà» al «ho intentaré», «pot ser que passi alguna cosa». Malgrat això, aquesta tècnica, requereix certes habilitats intel·lectuals, cosa que la fa inadequada per a nens de poca edat sense aquestes habilitats.
  • CLÍNICA DE L’ANSIETAT: Tractaments psicològics de l’ansietat per separació

 

Anuncis